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26 - Le Claps et le Saut de la Drôme


26 - Le Claps et le Saut de la Drôme

Le site du Claps et du saut de la Drôme

 

Situation : Luc en Diois , département de la Drôme-26 (France)

 

Le site classé du Claps et du Saut de la Drôme.

 

En raison de son intérêt paysager et pittoresque, le site du Claps et du Saut de la Drôme est protégé en tant que site classé au titre des articles L.341 et suivants du Code de l'environnement (arrêté du 24 février 2004).

L'ensemble est situé sur la commune de Luc en Diois, dans le département de la Drôme. Il couvre une surface de 475 ha.

Spectaculaire éboulement de rochers dans la rivière Drôme. Retenue d'eau l'été où vous pourrez vous rafraîchir à l'ombre des pins et voir le saut de la Drôme. C'est aussi un site d'escalade idéal : plus de 120 voies de tout niveau et une via ferrata.

Un site étonnant avec une multitude de blocs, offrant une escalade plutôt typée dalle. La difficulté en général modérée, en fait un site destiné principalement à l'initiation et à la pratique de niveau moyen.

 

Un événement au XVe Siècle

 

En amont du Luc en Diois, la vallée de la Drôme se resserre au passage d'une barrière de calcaire.

La rivière se faufile entre le pic de Luc au nord-est, les falaises de Clamontard à l'ouest, le serre du Petit lac au sud.

Elle débouche quelques kilomètres plus loin, dans la plaine de Luc.

Vers 1442, ce goulot fut obstrué par des tonnes de blocs descendus du pic de Luc.

La cicatrice de l'éboulement est clairement visible :

Un vaste plan incliné rocheux surmonté d'une barre calcaire à pic, comme coupée au couteau.

Vers le bas du versant, une échine rocheuse, le Pigeonnier, partagea la masse calcaire qui glissait. Elle se fragmenta en deux coulées qui coupèrent le cours de la Drôme en deux endroits : le chaos rocheux du Claps était né.

Ces barrages créèrent à l'amont le Grand Lac et à l'intérieur du défilé le Petit Lac qui se comblèrent au fil des siècles et sous l'action de l'homme.

Le« Grand Lac» fait 5 km de long et attise les convoitises car il est poissonneux. En 1561 il devient ainsi la propriété des Chartreux de Durban, moines auxquels la viande est interdite

 

Cet accident barra le cours de la rivière en trois jours, et provoqua la naissance de deux lacs ("Grand Lac" et "Petit Lac") d'environ 300 ha. Ils sont aujourd'hui comblés.

Ce formidable éboulis qu'on appelle le "Claps de Luc " (dans le patois du Diois, le terme "clapas" désignait un amas de grosses pierres) présente des blocs de rochers d'une immense proportion jetés çà et là dans toutes les positions ; "ici, ces masses s'élèvent à une grande hauteur ; là elles forment des cavernes ; plus loin elles gisent renversées dans des directions opposées ou se croisent les unes aux autres ; partout enfin règne un désordre inexprimable qui porte dans l'esprit du voyageur une sorte de froid en le faisant, pour ainsi dire, assister à la catastrophe de l'écroulement" (Delacroix - 1817).

L'assèchement du lac, projeté en 1752 par les Chartreux de Durbon, n'était pas encore achevé à La Révolution.

 

Un paysage contrasté

 

Le Claps offre au visiteur des images paradoxales : force brute de l'amoncellement de rocher, fragilité des équilibres de blocs; rigueur géométrique de la zone de départ de l'effondrement, chaos du bas de versant; pierre inerte et eaux mouvantes…

La menace de cet amas gigantesque contraste avec la quiétude des champs et des feuillus du petit lac, le bouillonnement du saut de la Drôme avec le calme d'une petite retenue d'eau fréquentée par les baigneurs.

C'est sans doute là que se joue la fascination, entre sauvagerie et douceur, qu'exerce le paysage du Claps.

 

Histoire et légendes

 

Luc, ancienne capitale religieuse du peuple voconce, devint une importante cité romaine, au bord d'un axe routier stratégique.

Au Moyen-âge, elle était dominée par un fort, au sommet du pic de Luc, dont on voit encore quelques pans de murs éboulés.

La catastrophe de 1442 donna naissance à une légende tenace : la disparition sous les eaux du Petit Lac de l'ancienne ville de Luc.

Un témoin, Aymar de Rivail, en aurait même vu les vestiges émerger des eaux lors d'une visite au Claps en 1533.

Au XIXe Siècle, des historiens firent un sort à la légende : l'actuel site de Luc est, selon toute vraisemblance, celui de l'antique Lucus voconce.

Mais il y eut bien un village englouti : celui de Rochebriane, lentement recouvert par les eaux du Grand Lac.

 

"Il tomba près et dessous du châstel de Luc une montagne laquelle étoupa, retrancha, empêcha le cours de la rivière Drôme tellement qu'il se forma un grand lac qui contenait plus d'une lieu de pays et durant depuis le dit châstel jusqu'à Rochebriane noya et dépérit les habitations, terres, possessions, vignes et héritages des dits suppliants entre autres ceux de Luc et rochebriane au point qu'ils n'eurent blé, vin et autres choses de quoi substanter leur vie et leur ménage".

Supplique adressée au roi Louis XI par les habitants de Luc, Miscon, Saint-Cassien, Lesches, le pilhon, Fourcinet, Montlaur et beaurières pour obtenir une réduction de leur imposition après l'éboulement du Claps.

 

Un site réinvesti par l'Homme

 

Dès l'époque romaine, une voie menant des Alpes suivait le cours de la Drôme.

La catastrophe de 1442 interrompit les chemins des hommes et celui de l'eau.

Ce dernier fut rétabli en 1837, quand le percement d'un énorme bloc, le "grand-papa", permit à la rivière de s'écouler à nouveau librement en formant le Saut de la Drôme.

Le fond plat des lacs, libéré des eaux, fut par la suite mis en culture.

Ce vaste plan d'eau asséché laisse maintenant place à une plaine agricole (ferme des Bouligons en ruine et ses terrasses autrefois cultivées) et au marais des Bouligons, dernier vestige du lac disparu.

La route de Crest à Gap par le col de Cabre fut rétablie en 1802.

Cette route impériale passait à flanc du Pigeonnier. C'est maintenant un sentier de randonnée.

Une nouvelle route, contournant le Petit Lac, fut ouverte en 1835. Elle offre un parcours pittoresque au milieu des blocs et des vues remarquables sur l'ensemble du site. Enfin, lors de la construction de la ligne de chemin de fer du "Briançonnais", le chemin de fer franchit en 1894 le site du Claps par un majestueux viaduc, long de 244 m et de 44 m de hauteur, rénové en 1976, et deux tunnels.

 


24/10/2013
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