Ubaye04 - Pour le plaisir des yeux

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04 - Barcelonnette


France - Vallée de l'Ubaye - Barcelonnette d'antan

C'était avant...

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02/03/2015
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04 - Barcelonette - Ma ville de naissance

Barcelonnette

 

Barcelonnette est une Commune (France)sous-préfecture du département des Alpes-de-Haute-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

 

Barcelonnette est située dans les Alpes du sud de la France, au nord-est du département des Alpes-de-Haute-Provence. À deux pas de l'Italie du Nord, elle est au carrefour de la Provence, du Piémont et du Dauphiné. Située entre deux massifs montagneux, Barcelonnette est une ville montagnarde nichée à 1 135 mètres d'altitude au cœur de la vallée de l'Ubaye, et en est la plus grande ville.

 

Communes voisines

 

Méolans-Revel - Savines-le-Lac - La Condamine-Châtelard - Les Thuiles - Jausiers - Pra Loup - Uvernet-Fours - Enchastrayes

 

Barcelonnette est distante de 210 kilomètres de Turin, de 171 kilomètres de Coni, de 101 kilomètres de Sisteron, de 96 kilomètres de Briançon, de 91 kilomètres de Nice, de 85 kilomètres de Digne-les-Bains et de 68 kilomètres de Gap.

 

La vallée de l'Ubaye a un climat montagnard, « au carrefour du Dauphiné, de la Provence et de l’Italie ». Les vents sont doux en raison de la présence du relief, bien que les hivers restent rigoureux en raison de l'altitude de la commune. En tout, on y compte près de « 300 jours de soleil et seulement 700 mm de précipitations par an ».

 

La vallée de Barcelonnette est encaissée par d'âpres montagnes qui atteignent 3000 m de moyenne. Son sommet le plus élevé est l'Aiguille de Chambeyron (3400 m).

 

Ses habitants sont appelés les Barcelonnettes

 

Histoire

 

La région était peuplée de Ligures depuis le premier millénaire avant J.-C. D'après Polybe, ils étaient « à peu près sauvages, se nourrissant du lait de leurs brebis et du produit de leur chasse, sans lois, sans industrie, vivant dans des cabanes informes, couvertes de chaume et de roseau, dispersées çà et là ».

Quelques siècles plus tard, l'arrivée des Celtes dans la région donna naissance à un peuple celto-ligure « très nombreux » selon Polybe, belliqueux mais néanmoins civilisé et commerçant, dont César vanta la bravoure : les Ésubiens.

 

L'ouvrage Histoire des Gaules place aussi les Ésubiens dans la vallée de l'Ubaye.

Barcelonnette, maintenant terre romaine, fut intégré à une petite province ayant l'actuelle Embrun pour capitale et gouverné par un certain Albanus Bassulus. Peu après, cette petite province fut intégrée à la Gaule narbonnaise.

En 36 après J.-C., Barcelonnette fut intégrée par Néron dans la province des Alpes Cottiennes.

La cité s’appelle Rigomagensium sous l’Empire romain, et elle est, alors, la capitale d’une civitas (subdivision de province). De nombreuses monnaies romaines ont été découvertes dans le passé dans le canton de Barcelonnette, en particulier dans les villages les plus anciens de la vallée.

 

La ville médiévale

 

La ville de Barcelonnette est fondée en 1231 par Raimond-Bérenger IV de Provencecomte de Provence. Selon Charles Rostaing, l’acte de fondation de la ville, et qui accorde des privilèges à la cité, est un ordre de reconstruction d’une ville détruite, Barcelone, mentionnée dès 1200 (villa Barcilona), et dont le nom serait formé de deux racines oronymiques (désignant une montagne) *BAR, et *CIN (que l’on retrouve dans Mont-Cenis). Selon Ernest Nègre, le nom est un diminutif de Barcelone, la ville d’Espagne.

La ville est dotée d’un consulat dès 1240.

La ville a été disputée entre les comtes de Savoie et les comtes de Provence : en 1388, au moment du départ du comte de Provence Louis II d'Anjou pour reconquérir le royaume de Naples, le comte de Savoie Amédée VIII s'empare de la ville. Elle redevient un fief provençal en 1390, les d'Audiffret en sont seigneurs. Après Louis II, en 1417, la ville revient au duc de Savoie. Elle est reprise par le comte de Provence René d'Anjou en 1471. Elle est reprise par le duc de Savoie au début du XVIe siècle alors que depuis la mort de Charles V d'Anjou en 1481 le comté de Provence est réuni à la France.

Au moment de l'invasion de la Provence par les armées de Charles Quint, en 1536François Ier envoie dans la vallée les 6 000 lansquenets du comte de Furstenberg pour la ruiner par une politique de terre brûlée. La ville et la vallée de l'Ubaye restent sous la souveraineté du roi de France jusqu'au second traité de Cateau-Cambrésis du 3 avril 1559.

En 1588, les troupes de Lesdiguières s'emparent de la ville et incendient l'église et le couvent au cours de ses combats contre le duc de Savoie. En 1600, après le traité de Vervins, le combat reprit entre Henri IV et le duc de Savoie. Lesdiguières reprit Barcelonnette jusqu'à la conclusion du traité de Lyon le 17 janvier 1601.

En 1628, pendant la guerre de succession de Mantoue, Jacques du Blé d'Uxelles voulant faire passer son armée en Italie pour aider le duc de Mantoue s'empare de Barcelonnette la pille et la brûle comme la plupart des villes de la vallée. La ville est reprise en 1630 par le duc de Savoie.

La ville est de nouveau prise en 1691 par les troupes du marquis de Vins pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg.

Dès 1614 et jusqu'en 1713, Barcelonnette est le siège de l'une des quatre préfectures du ressort du Sénat de Nice. À cette époque, la communauté parvient à racheter la seigneurie, mise aux enchères par le duc de Savoie. Elle devient ainsi son propre seigneur, avec pouvoirs de justice.

Une partie « non négligeable » de ses habitants s'est, au XVIe siècle, convertie au protestantisme, et a été réprimée lors des guerres de religions.

La viguerie de Barcelonnette (comprenant aussi Saint-Martin et Entraunes) ont été rattachées à la France lors d'un échange de territoires avec la Savoie lors des traités d'Utrecht (1713). La ville est ensuite le siège d’une viguerie jusqu’à la Révolution.

Un arrêt du conseil d'État du 25 décembre 1714 réunit Barcelonnette au gouvernement général de la Provence.

 

La cité moderne

 

Barcelonnette est un des rares bourgs de Haute-Provence à accueillir une loge maçonnique avant la Révolution, et en accueille même deux :

la loge Saint-Jean-d’Écosse des amis réunis affiliée à la loge Saint-Jean-d’Écosse de Marseille ;

la loge Saint-Jean, affiliée à la loge Saint-Jean-de-Jérusalem d’Avignon (fondée en 1749).

En mars 1789, des émeutes dues à la crise frumentaire ont lieu.

La nouvelle de la prise de la Bastille est accueillie favorablement, cet événement annonçant la fin de l’arbitraire royal et, peut-être, des changements plus profonds dans l’organisation de la France. Immédiatement après l’arrivée de la nouvelle, un grand phénomène de peur collective s’empare de la France, par peur du complot des aristocrates désirant recouvrer leurs privilèges. Des rumeurs de troupes en armes dévastant tout sur son passage se propagent à grande vitesse, provoquant des prises d’armes, l’organisation de milices et des violences anti-nobiliaires. Cette Grande Peur, venant de Gap et appartenant au courant de la « peur du Mâconnais », atteint Barcelonnette et sa région le 31 juillet 1789 avant de se propager vers Digne.

L’agitation perdure dans la vallée, peu favorable à la Révolution : une nouvelle révolte éclate le 14 juin 1791, et la disette se déclare en avril 1792. La société patriotique de la commune fait partie des 21 premières créées dans les Basses-Alpes, au printemps 1792, par les envoyés de l’administration départementale. Environ un tiers de la population masculine la fréquente. L’agitation connaît un nouvel épisode violent en août 92. La ville est chef-lieu du district de Barcelonnette de 1790 à 1800.

 

La ville au XIXe siècle

 

En décembre 1851, la ville abrite un mouvement de résistance républicaine au coup d’État du 2 décembre de Napoléon III. Quoique minoritaire, le mouvement se déclenche le dimanche 7 décembre, dès le lendemain du jour où la nouvelle du coup d’État arrive. Les autorités sont arrêtées, les gendarmes désarmés : tous sont conduits à la maison d'arrêt. Un comité de salut public est constitué le 8. Le 9, les habitants de Jausiers et des environs forment une colonne, sous la direction du conseiller général Brès et du maire, Signoret, de Saint-Paul. Celle-ci s’arrête cependant le 10 avant d’atteindre Barcelonnette, le curé de la sous-préfecture s’étant commis comme négociateur. Le 11, plusieurs fonctionnaires s’évadent et trouvent refuge à Largentière, au Piémont. L’arrivée de troupes le 16 décembre met fin à la résistance républicaine sans effusion de sang. Cinquante-sept insurgés sont jugés : il y a 38 condamnations à la déportation (mais de nombreux condamnés ont été graciés en avril).

 

Barcelonnette, fut entre 1850 et 1950, le creuset d'une forte émigration vers le Mexique.

On trouve ainsi, aux abords de la ville, plusieurs maisons ou villas de « style colonial » érigées par des émigrants au Mexique, revenus au pays entre 1870 et 1930, fortune faite. Ces maisons furent construites à Barcelonnette et à Jausiers.

 

Du XXe siècle jusqu'à nos jours

Le 11e bataillon de chasseurs alpins est en garnison à Barcelonnette de 1948 à 1990.

 

Barcelonnette est classé une fleur au concours des villes et villages fleuris.

 

Jumelages

 

Barcelonnette est jumelée avec :

 Valle de Bravo (Mexique) depuis 2005

 

Sports d'hiver

 

La station de Pra Loup est à 7 kilomètres de Barcelonnette, celle du Sauze à 5 km. Saint-Anne - La Condamine est une petite station agréable et moins touristique que les deux autres.

 

Lieux et monuments

 

Architecture civile

 

La mairie est construite dans les années 1930, après destruction de la chapelle Saint-Maurice (en juillet 1934). Son fronton provient lui de l’ancien couvent des dominicains, classé en 1988.

Bien que l’architecture des maisons anciennes soit archaïque, elles ne datent pour les plus anciennes que du XVIIIe siècle, la ville ayant été reconstruite après l’incendie de 1628.

L’ancienne gendarmerie, place Manuel, construite pour abriter la sous-préfecture en 1825, et actuellement transformée en logements, est de style néo-classique. Sa façade, qui occupe tout un côté de la place, est percée de portes en plein cintre. Les pierres à bossages animent la façade. La place Manuel est nommée en honneur de l’homme politique de la RestaurationJacques-Antoine Manuel ; la fontaine qui en occupe le centre porte son portrait sculpté par David d'Angers.

L’ancien hôpital date de 1717.

La sous-préfecture est installée depuis 1978 dans une des villas des Mexicains, la Villa l’Ubayette, construite en 1901-1903.

 

Villas des Mexicains

 

De nombreuses maisons construites par les Barcelonnettes revenus du Mexique sont classées monument historique.

 

Art religieux

 

L’église paroissiale Saint-Pierre-ès-liens est construite au Moyen Âge, mais détruite par le grand incendie de 1628. Elle est reconstruite, trop vite, en 1634-1638, puis rebâtie en 1643-1644. Celle-ci est à nouveau démolie, en 1926-1927, pour laisser la place à l’église actuelle, commencée en 1923. Son clocher date de la reconstruction du XVIIe siècle. En 1653, il est augmenté d’un étage pour loger les cloches. Il est orné de baies géminées, de pyramidions et de gargouilles, et surmonté en 1860 d’un campanile en fer forgé portant une statue de vierge en métal doré.

Plusieurs tombes du cimetière sont signalées par Raymond Collier pour leur décor remarquable.

 

Église Saint-Pons

 

L’église Saint-Pons comporte deux porches (sud et ouest), tous les deux abondamment illustrés, compte tenu de la pauvreté des décors en style roman alpin.

L’église est décorée d’un tableau de Saint Sébastien (XVIIe siècle), d’un Saint Pons et la Sainte Famille, classé.

La chaire est ornée de nombreux personnages (classée).

L’autel et le retable Saint-Joseph sont classés.

Les vitraux sont contemporains de la dernière construction. Vifs et colorés, ils représentent le Christ et sa mère (chœur), et les saints, dont saint Jean de Matha dans la nef.

 

La tour Cardinalis

 

La tour Cardinalis ou tour de l'horloge, haute de quarante deux mètres, est un des plus beaux clochers du département, selon Raymond Collier. C’est une tour carrée, construite en 1316 selon la DRAC (ou après 1378 d'après Luc Thévenon car un acte signale que le terrain de la tour est nu à cette date), ouverte de baies géminées, surmontée d’une pyramide de tuf, encadrée de quatre pyramidions.
Elle est construite comme clocher du couvent des dominicains.
Le couvent a été bâti grâce un legs d'Hugues de Saint-Cher, fait cardinal n 1244 avant le Ier concile de Lyon, mort en 1263, avec l'appui de Raimond III de Medullion (ou Raimond de Mevolhon), archevêque d'Embrun, qui étaient tous les deux dominicains.
En très mauvais état après les guerres du début du xviie siècle, elle est rapidement reconstruite. Le parement de pierres de taille de la partie inférieure date du XIXe. Des gargouilles ornent ses angles. Elle est classée monument historique.

 

Musées

 

Le Musée de la Vallée abrite entre autres l’autel et le retable de la chapelle Saint-Maurice, détruite pour la construction de la mairie en 1934, avec les portraits des douze apôtres, datant du XVIIe siècle et classés.

 

Divers

 

La Sapinière

La place Manuel

 

Parmi les cadrans solaires de la ville, les plus anciens sont :

sur la maison Paul Reynaud, un cadran de 1739, avec la légende « ora ne te fallat hora », (prie pour que l’heure ne te surprenne pas) ;

rue Honorat, un cadran de 1752 ;

Parmi les plus récents, on peut noter :

un cadran très complexe, de 1991, rue Jules Béraud ;

un cadran sur la façade du collège, avec la légende « Je suis à l’heure... et toi ? »

Les cadrans suivants sont remarquables :

à l’adret, un cadran orné de deux canards ;

à Enchastrayes, l’auberge de la Rente (1609), porte un cadran à légende en patois « Gavot l’es pas qu vouo ».

 

Particularités

 

Un certain nombre d'habitants de Barcelonnette ont émigré au Mexique, c'est ainsi qu'une plaque commémorative évoque la mort de 10 citoyens mexicains, venus s'engager durant la Première Guerre mondiale.

Barcelonnette est dotée d'un Consulat honoraire du Mexique.

Tous les étés depuis 1994 a lieu à Barcelonnette le Festival du Jazz dirigé par Stéphane Kochoyan.

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LES "BARCELONNETTES" AU MEXIQUE

 

Avant propos

 

Pour comprendre l'émigration des habitants de la vallée vers le Mexique, il faut revenir en arrière et jeter un regard sur les conditions de vie des gens de la vallée, des conditions très dures.
La vallée comptait alors 15477 habitants; les cantons de St Paul et Barcelonnette en comptaient 10000.
La vallée, détachée de la Provence en 1388, a appartenu à la Savoie jusqu'au traité d'Utrech en 1713. Sa seule richesse, les pâturages, lui permettent de nourrir 30000 moutons en été qui vont hiverner en Provence et toute l'année 25000 brebis pour l'élevage.

 

Vers 1660

 

On commence a transformer les laines de moutons en gros draps appelés cadis, cordeillats et en serges en les mêlant de chanvre.

 

En 1689

 

Elle produisait en plus de sa consommation 4000 pièces de cordeillats. Pour vendre cette production les habitants prirent l'habitude de s'expatrier en hiver en parcourant la Provence, le Piémont, la Belgique en remplissant le bas de laine et au printemps se retrouvaient au pays pour cultiver les terres jusqu'aux dernières limites de la végétation. A la même époque on commence à filer les cocons de soie à Jausiers et Uvernet (industrie introduite par des émigrés vaudois).
On pouvait ainsi occuper "les bras" des habitants pendant la longue saison d'hiver et tirer le meilleur parti de la laine, la viande ne se vendant pas.
Dans un mémoire adressé à Louis XIV les habitants demandent a être rattachés à la Provence étant liés par les sociétés de bestiaux menant les troupeaux paturer ici en été. Ils obtiennent le pouvoir de commercer librement.
Dès lors le mérinos à laine fine remplace peu à peu la ravate (mouton à laine grossière).L'industrie de la manufacture de draps à domicile prospère et l'expatriation pour vendre les produits devient régulière.

 

Les colporteurs.

 

Le commerce de colporteurs augmente considérablement. Partant en octobre, pantalon noir relevé, blouse blanche, chapeau monté coiffé en arrière et le baton à la main, ils parcourent la Bourgogne, les Flandres, la Belgique, la Hollande, le Luxembourg. Certains se fixaient en route les autres rentraient au printemps avec beaucoup d'argent.
Mais... la concurrence de draps plus fins, de luxe, fabriqués dans des ateliers plus modernes va sonner la disparition de cette activité qui agonisera jusqu'en 1860. Les filatures de soies ayant disparus.

 

En 1821

 

L'indépendance du Mexique est acquise après 3 siècles d'esclavage et le nouvel empereur mexicain Iturbe, ouvre les portes de son pays aux étrangers. Un seul français est établi là bas.
Un des 3 frères Arnaud, de la filature de soie, part à la Nouvelle Orléans, puis fait venir ses 2 frères. Puis partant pour Mexico fondent le magasin "Las siete Puertas" (les 7 portes). Un, Jacques, sera assassiné; les deux autres ne rentreront jamais en France.Ils seront suivis par Couttolenc du Chazelas.(exploitation d'une mine de cuivre).Famille nombreuse.

 

En 1830

 

Caire de Briançon, Jauffred de Jausiers et Teissier de l'Hubac, partis là bas, sont employés dans la maison Arnaud. Ils sont suivis par 2 frères Jaubert, 1 Allemand de l'Adroit, 1 Manuel du Canton, 2 Chaix et 1 Desdier de Lans (tous 3 se retireront fortune faite).

 

En 1838

 

Les français sont expulsés de Mexico et se réfugient à la Nouvelle Orléans. Deux mois après ils reviennent. A ce moment débarquent beaucoup de "Barcelonnettes".
Caire et Jauffred avec Derbez fondent une nouvelle maison.

 

En 1843

 

Débordements des torrents d'Abriès et du Versant qui ravagent tout.
10 jeunes partent ensemble au Mexique.

 

En 1845

 

Caire et Jauffred reviennent au pays avec 200.000 francs chacun, une fortune énorme pour l'époque. Les départs se font de plus en plus nombreux.

 

En 1847

 

Ebrad John de Jausiers fonde la plus riche maison du Mexique.

 

En 1848

 

27 jeunes gens et 2 jeunes filles (pour la 1ere fois) émigrent. En 1849 c'est 36 qui partent. En 1850 encore une trentaine. On comptait déjà 9 maisons de commerce de détail vendant exclusivement des tissus. Les "Barcelonnettes" étendent peu à peu leur emprise. Tout français là bas porte le nom générique de "Barcelonnettes". Leur réputation de sécurité est solidement établie.

 

Petites histoires.

 

Un négociant en gros de Lyon, le père Chabert, disait: "qu'il m'arrive un âne coiffé d'un chapeau, pourvu qu'il soit de Barcelonnette, je lui ouvre un crédit sans autre renseignement."
Une jeune mexicaine demandée en mariage par un compatriote pose comme condition: habiter Paris ou Barcelonnette !.

 

De 1862 à 1867

 

Intervention française au Mexique. En 1864 on compte 18 magasins à Mexico et 25 dans le reste du pays, ce sont de simples magasins de détails qui s'approvisionnent sur place. Mais à cette date une ligne de paquebots est établie entre St Nazaire et Veracruz. Ce qui permit de s'approvisionner en France (par l'intermédiaire de commissionnaires) et de commencer à vendre en gros. Enfin ils installent des métiers achetés en Europe pour produire une grande partie de leurs articles courants.

 

La vie sur place

 

Nos jeunes partaient à cheval pour Digne, leur valise en croupe; ensuite en diligence jusqu'à Bordeaux en passant par Avignon et Toulouse, puis prenaient le premier bateau en partance: en 2me classe c'était 400 francs, en 3me classe 300 francs et il fallait entre 50 jours à 3 mois pour arriver à Veracruz. A l'arrivée, achat d'une marmite, d'une gamelle et d'une couverture, puis contact avec des muletiers pour servir de guide jusqu'à Mexico. Départ 5 heures du matin, marche jusqu'à 10 heures du soir, arrêt près des sources, coucher à la belle étoile et enfin arrivée après une vingtaine de jours de marche dans les "bras" des "pays" qui donnent le vivre et le logement pendant les 6 premiers mois et quelques piastres ensuite.
Les magasins des "Barcelonnettes", même ceux où il se brassait des millions n'étaient pas luxueux: une enseigne en toile en haut au dessus de 3 à 5 grandes bées, toutes ouvertes sans vitrine ni étalage, fermées le soir par des portes massives en bois doublées de fer et solidement maintenues par une poutre. Le magasin est divisé en 2 parties: les employés derrière un comptoir, les derniers arrivés balayant, déballant, faisant les travaux les plus pénibles et couchant la nuit sur le comptoir.
Ils vendaient et recevaient l'argent qu'ils remettaient le soir au patron ou au caissier. Pas de livre de caisse, pas de contrôle. Derrière les étagères se trouvait l'arrière magasin et la salle à manger où le patron et amis prenaient leurs repas; le soir tous ensemble; placés à 3 ou 4 dans une chambre ils couchaient à tour de rôle sur le comptoir.
Le dimanche matin, déballage; tous doivent être rentrés au plus tard à 10 heures. Pas de fréquentation de la socièté mexicaine, pas de mariage pour les commis. Ils vivaient entre "pays" le plus simplement et le plus économiquement possible. Même fortune faite, ne sortant jamais, ni restaurant, une vie de travail forcé et d'économie soutenue pour revenir au pays. Ceux qui se fixaient à l'intérieur avaient une vie plus mouvementée et dangereuse à cause des fréquentes révolutions (prononciamento). "Qui passe pour riche est perdu".

 

En 1867

 

Exécution de Maximilien, placé sur le trone du Mexique par Napoléon III. Porfirio Diaz est porté à la présidence du Mexique (et ce durant 30 ans). Son 1er acte en rentrant à Mexico est une proclamation demandant le respect absolu des étrangers. La hausse considérable des cotons commence avec la guerre de sécession par la préférence des achats en magasins français et le goût de la dépense et du luxe au contact des troupes françaises.

 

La fortune

 

Si l'émigration au Mexique provient de tous les points de France, les "Barcelonnettes" commence à monopoliser le commerce de la lingerie, draperie, nouveautés. Un grand nombre font des fortunes considérables.
On peut voir le chemin parcouru par les "Barcelonnettes" depuis le départ des 3 frères Arnaud. Honnêtes et laborieux, ils sont parvenus après des débuts longs et pénibles à trouver aisance et quelques uns fortune. Leur aspiration à tous: faire un magot et revenir sous le toit paternel. Le pays d'origine est trop beau et l'on veut y revenir. Au sein de la colonie française, ils forment un groupe d'hommes honorables de travailleurs infatigables et de commerçants habiles qui fait honneur à ce pays d'origine.

 

En 1870

 

Le commerce des tissus tenus par les allemands passe aux mains des "Barcelonnettes" au cours de la guerre de 70.
Création d'un cercle Français qui contribua à célébrer avec faste notre 14 juillet à Mexico, qui en fit une fête à elle.

 

En 1882

 

Naissance de la socièté hippique française.

En 1889 création de la maison de santé, du cimetière français

En 1890 on compte 110 maisons de commerce dont 70 magasins de nouveautés.

 

Janvier 1907

 

Révolte des ouvriers contre les conditions de travail: bas salaires, 72 à 80 heures de travail par semaine. La période faste pour l'étranger se termine, Porfirio Diaz oubliant le pauvre peuple souvent transformé en esclave.

 

25 mai 1911

 

Sous la pression le président Diaz abdique. Madero lui succède, mais sera assassiné en février 1913. Huerta s'empare du pouvoir et trouve en face de lui Corranza. La lutte des 2 hommes va engendrer la ruine des affaires, malgré les rapports cordiaux entre la population et les "Barcelonnettes".

 

Décembre 1916

 

Après des présidents éphémères et des luttes sanglantes, Corranza est élu président constitutionnel. Retour au calme. 

 

1er mai 1917

 

Prise de pouvoir de Corranza; les nouveaux gouvernants cherchent à briser la puissance des étrangers. Le déclin de l'empire des "Barcelonnettes" commence.

 

Guerre de 1914-1918

 

De nombreux "Barcelonnettes" au Mexique prennent le bateau pour venir défendre le sol français.Bon nombre de leurs amis mexicains partent avec eux. On compta 561 mobilisés; la colonie perdit 241 jeunes et 11 mexicains moururent en France. (leurs noms sont inscrit au pied de la tour Cardinalis à Barcelonnette).

 

Entre 1920 et 1930

 

Beaucoup après quelques années au Mexique regagnent Barcelonnette sans la moindre fortune. 

 

17 juillet 1931 décret restreignant l'entrée d'ouvriers au Mexique.

 

1938

 

Le président de la chambre de commerce française au Mexique décourage fermement nos compatriotes à venir au Mexique. Le déclin est très net.

 

1955

 

Dernier départ pour le Mexique: Jean Jaubert de St Pons prendra la suite de son oncle dans un magasin de tissus à Morélia dans l'état du Michoacan.

 

Il reste....

 

On peut constater qu'il n'y a pas une seule famille de la vallée qui n'ait eu ou n'ait toujours des parents là bas.

En 1961 la station de ski de Pra Loup vit le jour grâce à une forte participation de capitaux venus du Mexique.

Des sommes importantes seront investies dans la construction de caveaux immenses et luxueux (cimetières de Barcelonnette, Jausiers, Tournoux, St Paul).
Par des dons et legs certains donneront une partie de leur fortune: nouvelle église à Barcelonnette inaugurée en 1928, l'hôpital de Barcelonnette par la générosité de Jules Béraud qui fit construire aussi l'hôtel de ville, inauguré en 1934, remise en état de l'église de St Paul par un don important d'Hippolyte Signoret après le tremblement de terre en 1959, le presbytère de Barcelonnette par Antoine Signoret et Maximin Michel inauguré le 27 octobre 1968, la magnifique villa "La Sapinière" achetée par la famille Signoret à Alexandre Reynaud léguée à la ville de Barcelonnette en 1973, l'agrandissement et la rénovation de l'hôpital de Jausiers................

 

19 septembre 1985

 

Terrible tremblement de terre au Mexique: la vallée collecte 200.000 francs envoyés par la croix rouge aux sinistrés mexicains.

 

Aujourd'hui

 

Fils d'Emile Berlie, originaire du Chatellaret parti au Mexique en 1921, Emilio Berlie né au Mexique, ordonné prêtre en 1966 des mains de Paul XI devint en 1983 le plus jeune évêque du Mexique. En 1986 il est à la tête du plus grand diocèse mexicain celui de Tijuana à quelques kilomètres de la frontière des U.S.A.
Au Mexique les "Barcelonnettes" sont plus nombreux que ceux qui vivent en Ubaye.
Les plus grandes affaires industrielles ont été vendues ou ont disparues; reste une fabrique de draps de laine aux mains des "Barcelonnettes" celle de Soria; elle est dirigée par Robert Martel originaire de Barcelonnette.

 

Toutes ces notes ont été recueillies auprès de documents aimablement fournis par monsieur Léon Manuel ancien maire de Faucon de Barcelonnette.

 

 

 

Barcelonnette, cette petite ville à l'atmosphère déjà toute méridionale, est la Sous-Préfecture des Alpes de Haute Provence.

Parmi les personnalités qui y naquirent, citons J.A MANUEL (1773-1817) député de la restauration et Paul REYNAUD (1878-1966) éminent homme politique. Celui-ci, Président du conseil en 1940, démissionna et fut remplacé par le Maréchal Pétain. Plus tard interné sous le gouvernement de Vichy, il fut déporté en Allemagne de 1942 à 1945. Réélu député après la libération, il fut Président de la Commission des affaires Économiques du Conseil de l'Europe où il se montra un ardent défenseur de l'Unité Européenne.

 

Une histoire mouvementée

 

A l'origine, Raymond Bérenger, Comte de Barcelone et de Provence, avait fondé à cet endroit, en 1231, une bastide qu'il avait baptisée Barcelone et qui ne devint Barcelonnette que cinq siècles plus tard.
A partir de 1388, Barcelonnette appartient, ainsi que toute l'Ubaye, à la maison de Savoie qui la conserva jusqu'en 1713. A cette date le traité d'Utrecht l'attribua à la France en échange une partie du Dauphiné qui passait à la Savoie. Cet échange se fit grâce à l'instance du Maréchal de Berwick auprès de Louis XIV. Cet homme d'armes, après avoir combattu dans les Alpes, avait compris tout l'intérêt stratégique de la vallée de Barcelonnette. Dès qu'ils furent français, les habitants de la vallée demandèrent à être rattachés au Parlement de Provence.

Les « Barcelonnettes » ou « Mexicains »

En 1821, les Frères Arnaud de Jausiers ferment leur filature et décident d'aller tenter fortune au Mexique. Ils fondent un magasin de tissus et nouveautés à Mexico. A partir de 1830 ils sont suivis par d'autres habitants de la Vallée. En 1893 on compte au Mexique plus d'une centaine de magasins de tissus appartenant à des « Barcelonnettes ». A la même époque des milliers de personnes vont s'installer au Mexique. Un groupe de « Barcelonnettes » achète la banque «Londres, Mexico, et Amérique du Sud » qui avait le privilège de l'émission des billets pour tout le Mexique.
Mettant tout d’abord à profit leur savoir-faire, ils se font colporteurs, distribuant tissus et linge. Ils triment dur, et, la solidarité entre bas Alpins aidant, ils ouvrent rapidement des comptoirs. Profitant de l’intervention française et de l’empire instauré au Mexique par Napoléon III, la colonie barcelonnette se développe. Les voici bientôt à la tête d’un colossal empire. Il n’est pas de secteur qui échappe à la mainmise de ces clans opiniâtres de Tron, d’Ollivier ou autres Reynaud… Elle évince Anglais et Allemands qui détenaient le commerce en gros mais surtout étend son réseau de distribution dans tout le pays, grâce à un astucieux système entretenu par l’afflux incessant de main d’œuvre provenant de la vallée de Barcelonnette.
Cet âge d'or prend fin avec la révolution mexicaine et la guerre 14-18, qui mobilise de nombreux rapatriés. L'émigration reprend dans les années 30 puis ralentit petit à petit. De nombreux « Américains », comme on les appelle ici, revinrent au pays et firent construire ces luxueuses villas qui donnent un cachet si particulier à Barcelonnette.


Arrivée à Mexico, l'installation (1840-1870)

 

C'est au coeur de la capitale de la jeune république fédérative des états duMexique (1824), que choisissent de s'implanter les premiers commerces de tissus, « cajones de ropa », alignés les uns sur les autres. Au nombre de 46 en 1846 (dont 20 magasins pour le seul district fédéral de Mexico), ils représentent plus de 110 établissements 40 ans plus tard, en 1886, implantés dans les principaux centres urbains : à Puebla, à Morélia, à Guadalajara, à Durango, à Tampico, etc.

Du commerce à l'industrie (1870-1910)

 

Sous la longue présidence de Porfirio Díaz (1830-1915), les entrepreneurs barcelonnettes deviennent « l'interlocuteur préférentiel du gouvernement mexicain » (Jean Meyer), et prennent une part active à l'industrialisation et à la modernisation du pays.
Toujours sous l’œil bienveillant de Porfirio Díaz, vieux dictateur progressive et francophile, surgissent du sol mexicain les plus grandes filatures du monde (Orizaba emploie 15000 ouvriers en 1910) et parmi les plus beaux magasins (Palacio de Hierro, Ciudad de Londres…). En 1911, la colonie détient 50% des investissements étrangers dans l’industrie mexicaine.
Dessinés par des architectes français, de nouveaux établissements copiés sur les modèles parisiens du Bon Marché et de la Samaritaine adoptent tous « une écriture on ne peut plus post-haussmannienne de dômes et de grands combles cintrés dont la protubérance accentue la majesté des volumes, silhouettés à chaque carrefour » (François Loyer). Le maître verrier nancéen Jacques Gruber signe les imposantes verrières des grands magasins El Palacio de Hierro (1891) et du Centro Mercantil (1896), aujourd'hui transformé en grand Hôtel. 
Soucieux de maîtriser aussi la production, les négociants barcelonnettes fondent d'importantes compagnies industrielles à la tête de nombreuses fabriques de la filature, tissage et impression du coton, dont les plus importantes sont implantées dans la vallée de Rio Balanco. La banque attire les entrepreneurs barcelonnettes qui prennent d'importantes participations dans toutes les banques du pays et détiennent le monopole de l'émission de billets...

De la révolution à l'intégration (1911-1950)

 

Cette étonnante réussite économique ne saurait masquer la dure réalité quotidienne d'une grande partie des émigrants, employés et ouvriers. Les tout premiers mouvements de contestation éclatent en janvier 1907, à l'intérieur de la fabrique de Rio Blanco fondée par les barcelonnettes. Sept ans plus tard, à l'aube du premier conflit mondial, les barcelonnettes se mobilisent et se portent volontaires ? A leur côté des mexicains aussi tomberont pour la France. 
Les années post-révolution marquent une rupture et modifient les règles alors favorables aux investisseurs étrangers : lois sur la restriction de l'émigration, limitation du personnel étranger etc. Une dernière vague d'émigrants rejoint leMexique dans les années 1950, ils ne sont plus qu'une dizaine dans les années 1960. Les barcelonnettes sont de plus en plus intégrés et les retours définitifs dans la Vallée deviennent de plus en plus rares. 
Aujourd'hui, le nombre de descendants barcelonnettes implantés au Mexique, estimé entre 20 000 et 50 000, dépasse largement le nombre des habitants de la Vallée : 7 500. Chaque année, de nombreux hollandais, américains et mexicains, tous originaires de l'Ubaye, découvrent la terre de leurs ancêtres,
Désormais, deux musées, consacrés à l'histoire des entrepreneurs barcelonnettes, témoignent d'une histoire commune à la Vallée à Barcelonnette ouvert en 1988 et le récent Museo Comunitario à Ciudad Mendoza, inauguré en avril 2001.


Villas et tombeaux

 

Etalée sur un demi-siècle (1880-1930), la construction des villas de Barcelonnette et Jausiers regroupe une cinquantaine d'édifices qui ont favorisé la création d'un nouvel urbanisme proche de celui des villes d'eau contemporaines où, de la même façon, les parcs et jardins l'emportent sur le bâti. Il en résulte un esprit et un mode de villégiature qui vont caractériser l'émergence de cette nouvelle architecture plus familière du littoral Méditerranéen et des stations balnéaires de la Côte Atlantique.

Les commanditaires sont tous des enfants du pays, de retour après de longues années d'émigration et qui ont tous brillamment réussi dans l'industrie textile et le négoce. Ainsi, après avoir longtemps été à la pointe du goût et de la modernité, ils s'attachent à la construction d'une villa moderne où ils passeront l'été avant de rejoindre le front de mer dès les premiers frimas de l'hiver. Alexandre Reynaud, père de Paul Reynaud, homme d'état français (1878-1966), construit parmi les premiers une élégante villa dont les proportions et la parfaite symétrie rappellent celles des grandes demeures bourgeoises classiques du centre historique de Barcelonnette.

Aujourd'hui transformée en musée (musée de la Vallée), la villa « La Sapinière » (1878-1880) conserve intacts ses riches parquets en marqueterie, le salon-bibliothèque d'Alexandre Reynaud et son élégant cabinet de ains entièrement décoré de faïences qui date de 1910. De cette première génération, datent encore la villa « le Verger » (Office National des Forêts) et la villa « Mireio » (Centre des Impôts). Seule la villa édifiée par Emile Chabrand (1843-1893) se distingue par son langage pittoresque associant pour la première fois la brique, le bois et les produits céramiques.

Les riches années 1890-1910 instaurent de nouvelles pratiques architecturales. Les villas deviennent ambitieuses, les modèles se multiplient, les façades s'ornent et surtout les toitures se compliquent, toujours plus haute. Des architectes venus des principales métropoles dessinent d'imposantes « villas châteaux» et puisent dans toutes les ressources de l'éclectisme fin de siècle. L'accent est mis sur l'effet de silhouette. Regroupées à l'est de Barcelonnette, les villas de la seconde génération témoignent de la diversité des formes architecturales et du vocabulaire décoratif. Au castel néo-gothique succède un palazzo florentin avec son ordonnance de pilastres. La villa château développée autour d'une aile en retour d'équerre et coiffée d'une poivrière-symbole triomphe parmi les autres modèles. Agrémentée d'une véranda métallique parfois enrichie de vitraux, elle se distingue encore par sa toiture en ardoise d'Angers,

A Jausiers, d'imposantes constructions affichent une écriture quasi balnéaire, sous la houlette d'un architecte originaire de Lugano, dont le fleuron est le château des Magnans inscrit depuis 1985 à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.
L'entre deux guerres marque le déclin des constructions. Les villas, moins nombreuses sont aussi plus modestes. Seule la villa Bleue (1931) développe un projet ambitieux autour d'un vaste hall central éclairé par un imposant vitrail dont le thème iconographique résume à lui seul l'aventure des « soyeux du Mexique ». On y découvre les métiers à tisser, les usines et le grand magasin de nouveautés qui appartient au commanditaire.On recherche en vain toute référence stylistique à l'architecture néocoloniale comme à l'architecture vernaculaire mexicaine. Aucun emprunt à l'exotisme. Exemple, l'architecture néo-mauresque largement présente sur la Côte d'Azur est totalement absente des sites Ubayens au climat plus rigoureux, l'unique référence au Mexique réside dans l'appellation choisie de quelques villas : villa Puebla, villa Moreliala Tapatia.

On ne peut évoquer l'édification des villas de Barcelonnette et Jausiers sans mentionner celle des tombes monumentales construites dans ces mêmes années, parfois en même temps que la villa. Tous les cimetières de la Vallée (sans exception) témoignent de la richesse du patrimoine funéraire Ubayen réunissant le savoir-faire des tailleurs et marbriers italiens et la diversité des pierres et marbres sculptés.

JUMELAGE AVEC VALLE DE BRAVO

 

Depuis Novembre 2004, la ville de Barcelonnette (vallée de l’Ubaye) est jumelée avec le site de Valle de Bravo situé dans l’Etat de Mexico à une centaine de km de MexicoValle de Bravo est un site de villégiature implanté à 2000 m d’altitude et comptant 28 000 habitants hors saison touristique. C’est un choix qui a été fait afin d’œuvrer pour faire vivre les liens historiques et culturels qui les unissent depuis l’époque des premiers émigrants barcelonnettes vers leMexique.

Chaque année depuis 26 ans, a lieu à Barcelonnette les fêtes latino-mexicaines pendant le mois d’août (06 août-15 août 2012).


Vous pouvez consulter le site de l’Office du Tourisme : www.barcelonnette.com à ce sujet, (33) 04 92 81 04 71

 

Pour la petite histoire, l'arrière-grand-père de l'actuel maire deMexico était de Barcelonnette !

 

Visite du Musée de la Vallée à Barcelonnette: 

Expositions & visites :


Gens de l'Ubaye, Gens du voyage. Installé depuis 1988 dans une ancienne villa (la Sapinière), construite de retour du Mexique par un Barcelonnette, le musée met en scène des collections traditionnelles associant histoire, archéologie, ethnographie locale et exotique, beaux-arts.

Si le thème de l’émigration au Mexique (1850 – 1950), prête volontiers au rêve, l’évocation de la vie en Ubaye à travers outils et objets de la vie quotidienne autorise la découverte d’une société rurale alpine du début du XXème siècle.

 

Toute l’année, accueil des groupes, uniquement sur rendez-vous au 04 92 81 27 15. MUSEE DE LA VALLEE - 10 avenue de la Libération- 04400 Barcelonnette.

 

 

 

Barcelonnette, la montagnarde mexicaine

 

Située à 1135 mètres d'altitude, au nord des Alpes-de-Haute-Provence, Barcelonnette se distingue par ses allures à la fois montagnardes et mexicaines.

Au coeur de la vallée de l'Ubaye, cette petite ville offre, été comme hiver, un environnement naturel très bien préservé.

 

Un patrimoine médiéval

Fréquenté depuis la période romaine, le territoire de la commune a conservé quelques vestiges dans le centre-ville actuel. Le plan en damier de la ville provient de la période 1190 à 1231. Au XIIIème siècle, les comtes de Barcelone, héritiers du Comté de Forcalquier, décident de fonder une place forte et commerciale sur le site. En effet, l'axe de communication France-Italie fait de Barcelonnette un point stratégique. Jusqu'aux guerres de religion du XVIème siècle, une enceinte fortifiée de 22 tours et de 4 portes protégeait la petite cité. Seule la rue des Remparts rappelle aujourd'hui la présence d'une haute muraille. Les clochers, l'un dans le bâti de l'Eglise Saint-Pierre, l'autre au milieu de la place Manuel sont les piliers de ce village provençal. Les fondations de ce deuxième clocher, surnommé la "Tour Cardinalis", datent du XIIIème siècle. Le clocher primitif ayant subi les guerres de religion fut reconstruit au XVIIème siècle. Si elle est aujourd'hui recouverte de pierres modernes, elle est l'unique vestige visible d'un important couvent dominicain.

 

Une évolution urbaine originale

Entre 1880 et 1935, des mutations marquent la ville et sa périphérie. Derrière la mairie, quelques maisons anciennes à aileron de toiture très avancé ont toutefois survécu. Sur la place de l'Eglise, une fontaine abreuvoir avec un grand bassin octogonal date du XIXème siècle. A l'approche de la ville, le parc des villas mexicaines, est pour le moins surprenant. L'avenue de la Libération mérite le détour. Ces luxueuses villas, construites entre 1880 et 1930 par des Barcelonnettes, ne possèdent pas un caractère réellement mexicain. Leur nom vient du fait qu'elles ont été construites avec l'argent provenant de ce pays. En effet, pour échapper à la crise sociale et économique de la fin du XIXème siècle, des familles émigrèrent au Mexique et y firent fortune. Les frères Arnaud furent les premiers à s'expatrier et leur réussite dans le commerce des étoffes fut un exemple pour des générations de Barcelonnettes. Entre 1850 et 1950, on estime à plus de 3 000 le nombre de personnes se jetant dans l'aventure. En 1998, le nombre des descendants dispersés sur le territoire mexicain est évalué à 60 000. Leur histoire hors du commun est racontée à la Villa Sapinière. Le Musée de la Vallée et celui de la Maison du Parc National du Mercantour y sont également installés.

 

Pratique

 

Situation : dans les Alpes-de-haute-Provence

 

Y aller : 


en train : jusqu'à Gap, puis prendre un bus
en voiture : 68 km de Gap et 230 km de Marseille

 

Office de tourisme : Place Frédéric Mistral BP 4 04400 Barcelonnette
Tel : 04 92 81 04 71

 

Sur le Web :www.barcelonnette.com

 

Un folklore mexicano-provençal

En l'honneur de ce passé, des fêtes latino-mexicaines envahissent les rues de Barcelonnette, chaque été en d'août. Pendant une quinzaine de jours, le dépaysement est assuré ! Samba brésilienne, tango argentin ou encore salsa de Cuba... Un festival de couleurs attend les amateurs de rythmes balancés et enivrants. Mais avant de passer aux festivités latines, le festival des Enfants du Jazz, au mois de juillet, réserve bien des surprises aux amoureux du blues qui peuvent écouter et rencontrer les grands noms du jazz à cette occasion..

 

Au bonheur des sportifs


Les activités sportives sont nombreuses dans cette région montagneuse de l'Ubaye. Plus de 650 km de sentiers sillonnent la vallée, accessibles à pied, à vélo ou même sur un âne de bât.

A Méolans, à Saint-Pons ou encore à Jausiers, des parcours insolites traversent les arbres ! Ponts de singes et tyroliennes font le bonheur des Indiana Jones confirmés ou bien en herbe. Pour prendre de la hauteur, les sites d'escalade ne manquent pas. Avec des sommets à plus de 3 000 m, l'Ubaye offre un décor vertigineux aux amateurs de sensations fortes.

A Barcelonnette, les deux montagnes, le Pain de Sucre et le Chapeau de Gendarme sont des terrains de jeux de toute beauté.

L'aérodrome de Barcelonnette organise des stages et des vols d'initiation en avion, parapente et planeur.

Par ailleurs, les sports d'eau vive sont aussi très courus sur les 80 km de la rivière de L'Ubaye.

En été, les plans d'eau et les nombreux lacs font également le bonheur des pêcheurs ou des amateurs de farniente.


23/09/2013
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